Demain soir a lieu la réunion des Acteurs du COREVIH IDF Sud. Après une présentation des travaux en cours par la Présidente du COREVIH IDF Sud, le sujet proposé cette année sera « VIH, IST : la notification aux partenaires ».

Entrée libre à partir de 18h sur le grand Auditorium de l’Hôpital Européen Georges Pompidou suivi d’un cocktail à 20h. Tout le monde est le bienvenu, membres du COREVIH, acteurs de la lutte contre le VIH et les IST et de la Santé Sexuelle, personnel et patients.

Les COREVIH Ile de France Sud et Nord propose une soirée de formation sur les thématiques TROD PrEP et autotest aux médecins généralistes. Le lundi 3 décembre 2018 à l’Hôtel Dieu, Amphithéâtre La Personne de 20H à 22H.

Programme :

20H00 Buffet

20H30 Introduction
Pr Dominique Salmon et Patrice Bouree, Hôtel Dieu de Paris

20H45 – 21H15 TROD  et autotests en médecine Générale : expérimentation et discussion
Mme Pamela Ngoh, Santé Publique, Dr Meryl  Nguyen Van Tinh

21H15 – 22H00 La PrEP en médecine de ville
Dr Jade Ghosn, Hôpital Bichat

22H00 Conclusion
Mme Eve Plenel

Le COREVIH vous propose la 1ère soirée des acteurs organisée à l’Auditorium de l’Hôpital européen Georges Pompidou le mardi 11 décembre 2018 18h  sur le sujet de la notification aux partenaires.

La soirée sera ponctuée par un cocktail à 20h, elle est ouverte à tout public. Entrée libre et gratuite

Ce format de « soirée des acteurs » sera réédité en décembre 2019 sur une autre thématique.

 

Programme de la soirée des Acteurs 2018 : 

Introduction 18h

Dominique SALMON, Présidente du COREVIH île-de-France Sud
Information sur le COREVIH. 20’

Cécile GOUJARD, Cheffe de service de médecine interne et d’immunologie clinique de Bicêtre
Le rationnel, les expériences internationales et approche général en France. 20’

Karen CHAMPENOIS, Chercheur, épidémiologue, SMIT Bichat et unité INSERM 1137 ( IAME )
Aspect de la faisabilité et d’acceptabilité – Objectifs de la recherche de NOTIVIH. 20’

Discussions avec la salle

Cocktail de clôture 20h

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Lieu : 

Mardi 11 décembre 2018 de 18h à 20h
Auditorium de l’hôpital Européen Georges Pompidou 20 Rue Leblanc, 75015 Paris
Metro : Ligne 8 (Créteil-Balard) station Balard
Tramway : T3 Arrêt Balard ou Pont du Garigliano – Hôpital Européen Georges Pompidou

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Colloque Vendredi 14 septembre 2018 de 14h à 17h30 au Ministère des Solidarités et de la Santé   C’est une question qui se pose au quotidien, à la suite d’un résultat de dépistage positif : comment accompagner au mieux la personne dépistée, y compris dans la démarche d’information de ses partenaires sexuels ?

La notification formalisée aux partenaires (NFP) a récemment fait l’objet d’un Avis du Conseil national du sida et des hépatites virales. Stratégie efficace, car elle permet de proposer une prise en charge précoce et interrompt la chaîne de transmission, son implémentation en France soulève des questions d’ordres éthique, juridique et organisationnel.

En aval de son Avis, le CNS a souhaité réunir les acteurs du dépistage et de la prise en charge, afin d’explorer et débattre les modalités du déploiement d’une offre de NFP en France : Vendredi 14 septembre 2018 de 14h à 17h30 au Ministère des Solidarités et de la Santé  Salle Laroque – 14 Avenue Duquesne, 75007 Paris – Entrée gratuite – Réservation obligatoire : julien.bressy@sante.gouv.fr

 

Dépistage du VIH et des IST : quelle place pour la notification formalisée des partenaires ?

13H00 – Accueil

14H00 – OUVERTURE

Jérôme Salomon (Directeur général de la Santé)

14H10 – INTRODUCTION : Objectifs et efficacité

Patrick Yeni (CNS)

14H20 – PRÉSENTATION : Outils et modalités

Marie Suzan-Monti (CNS)

14H45 – TABLE RONDE 1 : Les pratiques de notification en cours dans le contexte légal et réglementaire actuel

  • Les pratiques sur le terrain
  • Le respect de la vie privée
  • Le secret professionnel
  • La protection des données à caractère personnel

Nacera Bekhat (CNIL), Jean-Marcel Mourgues (CNOM, à confirmer), Nathalie Spenatto (CHU Toulouse), Florian Valet (AIDES), François Vialla (Université Montpellier 1)

Modérateur : Alexandre Linden (CNS)

15H45 – Pause

16H15 – TABLE RONDE 2 : Les perspectives de déploiement de la NFP

  • Dans les établissements publics
  • En médecine libérale
  • Dans le milieu associatif

Iris Bichard (Le Kiosque), Jean-Christophe Comboroure (DGS), Luc Ginot (ARS Île-de-France, à confirmer), Gérard Israël (Médecin généraliste), Catherine Rumeau-Pichon (HAS), Véronique Tirard-Fleury (COREVIH PACA Ouest et Corse)

Modératrice : Cécile Goujard (CNS)

17H15 – CONCLUSIONS

Hugues Fischer (CNS)

Encore un succès cette année avec environ 110 personnes à la soirée Post-CROI patients, associations. Mme la Présidente du COREVIH Ile de France Sud Dominique Salmon intervenait sur les comorbidités. Retrouvez les présentations de la soirée à télécharger.

 

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PrEP, stratégies préventives et IST 1.43 MB - 4 mai 2018

Romain Palich, hôpital Pitié-Salpêtrière, Corevih IdF Centre ...
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Dépistage et traitement immédiat 667.10 KB - 4 mai 2018

Yazdan Yazdanpanah, hôpital Bichat-Claude Bernard, Corevih IdF Nord ...
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Stratégies thérapeutiques 1.97 MB - 4 mai 2018

Pierre de Truchis, hôpital Raymond Poincaré, Corevih IdF Ouest ...
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Co-infections virales VHC VHB et comorbidités 2.82 MB - 4 mai 2018

Dominique Salmon, Hôtel-Dieu, Corevih IdF Sud ...

 

   

La Commission Prisons du COREVIH IDF Est vous convie à son prochain Colloque : Prise en charge du VIH, des Hépatites et des IST en Prison : Enjeux et Réalités. Lundi 4 juin 2018 de 9h30 à 16H30 – Mairie du 10ème arr. de Paris, 72 Rue du Fauboug Saint-Martin, 75010 Paris – Métro : Château d’Eau.

Inscription gratuite auprès de Horkiha RAJI, assistante administrative par mail secretariat.corevihest@sls.aphp.fr

Lors de votre inscription, merci de préciser votre choix d’atelier (1.2.3 ou 4),

Les 4 ateliers proposés sont :

o   Atelier 1 – Présentation d’un programme ETP VHC en prison

o   Atelier 2 – Place des TROD en milieu Carcéral

o   Atelier 3 – Quels accès aux moyens de réduction des risques infectieux en milieu pénitentiaire

o   Atelier 4 – Quelle continuité dans la prise en charge des sortants de prison ?

 

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Programme Prise en charge du VIH, des Hépatites et des IST en Prison 836.57 KB - 4 mai 2018

Programme du Colloque : Prise en charge du VIH, des Hépatites et des IST en Prison :...

Les 5 Corevih d’Ile-de-France organisent une soirée/débat Post-CROI 2018 le Jeudi 3 mai 2018, destinée aux personnes vivant avec ou affectées par les virus du VIH/VHB/VHC, aux acteurs associatifs et au grand public.

A l’occasion de la CROI 2018 ( Conférence internationale sur les Rétrovirus et les Infections Opportunistes), les médecins des Corevih franciliens présenteront une sélection de sujets scientifiques et médicaux qui ont marqué la conférence. Lire la suite

Vous trouverez en pièce jointe le second  livret « portraits d’acteurs » réalisé cette année sur le congrès AFRAVIH de Bordeaux en inter-COREVIH Bretagne/Ile de France Sud.

8 acteurs de la lutte contre les IST, VIH et hépatites ont été interviewés venant d’horizons très différents se regroupant autour du même combat.

A travers ce livret, nous souhaitions confronter les problématiques de nos COREVIH, tels que la PrEP, la santé mentale, les discriminations, populations clés, etc…; aux expériences des pays francophones qu’ils soient du Sud ou du Nord, afin de vous apporter des angles de vues différents.

Nos prochains portraits d’acteurs seront réalisés sur le congrès AIDS 2018 à Amsterdam et vous pourrez également prochainement découvrir celui réalisé sur AIDS 2016 à Durban.

 

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Portraits d'acteurs AFRAVIH 2018 2.08 MB - 18 avril 2018

8 acteurs de la lutte contre les IST, VIH et hépatites ont été interviewés venant...

 

 

Portraits d’acteurs sur la conférence AFRAVIH 2018 samedi 7 avril

Interview Léa Pelletier-Marcotte

Bonjour pouvez-vous présenter ainsi que votre parcours ?

Je suis Léa Pelletier-Marcotte, je suis avocate auprès de la coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le VIH sida la COCQ-SIDA. Nous sommes situés à Montréal et nous regroupons plusieurs organismes communautaires québécois dans la province qui sont tous plus ou moins directement engagés dans la lutte contre le VIH sida. Cela fait 4 mois que j’y travaille, avant j’étais avocate en litige civil et commercial avec un métier de formation. Le communautaire c’est un peu un retour dans mon passé du droit de la personne et droit international 

Justement est ce que vous pouvez nous parler un peu plus de COCQ-SIDA et de leurs missions ?

On développe des axes de plaidoyers communs sur lesquels doivent s’entendre tous les organismes membres. Je travaille pour 5 services juridiques secteur droit et donc je suis un peu l’avocate de référence pour chacun des organismes communautaires dont le quel je siège.

Je suis un peu le « contentieux de COCQ-SIDA », on dit ça de façon comique mais c’est la réalité, j’y travaille à temps plein et ma collègue qui travaille au service VIH info droits qui est à temps partiel trois jours par semaine qui elle, gère vraiment le service de première ligne c’est-à-dire service d’information juridique non seulement pour les personnes vivant avec le VIH mais aussi pour les intervenants d’organismes membres, acteurs de la santé et même le corps policier parfois qui ont des questions qui ont attrait au VIH et mon secteur c’est de voir un peu quelles sont les situations qui sont portées à notre attention à travers ce service de première ligne et de voir les axes de plaidoyers qu’on peut développer ou qu’on doit renforcer, notamment la discrimination en emploi, toutes autres discriminations, mais aussi des problèmes en matière d’immigration et de criminalisation du statut sérologique.

Quelles sont pour vous les 3 dates clés de la lutte contre le sida ?

Je sais qu’il y a des dates charnières mais pour moi la date clé c’est ma prise de conscience. J’étais au secondaire, donc je devais avoir 12 / 13 ans fin 90 début des années 2000, on avait eu un conférencier à l’école qui parlait un peu du VIH et du Sida et aussi un peu d’éducation sexuelle. Il faisait une intervention pour nous montrer comment bien mettre un condom sur une banane, tout le monde trouvait ça très drôle et pendant la conférence une personne nous dit qu’à la deuxième partie de la conférence on va rencontrer une personne vivant avec le VIH.

Tout le monde s’est dit de quoi ça à l’air une personne qui vit avec le VIH parce que des jeunes de la banlieue aisée de Montréal qui n’ont plus ou moins jamais été confronté à ces situations à part la marchandisation autour du VIH. Il s’est avéré que la personne vivant avec le VIH c’était lui, il nous a raconté son histoire. C’est vraiment le moment où il y a eu un déclic, il y a eu quelque chose c’est toujours resté, je me suis toujours souvenu de ce moment-là, comme quoi on peut sensibiliser les gens d’une façon durable et efficace quand ils sont très jeunes. D’où l’importance que les personnes vivant avec le VIH soient aidées dans le développement de leur leadership car ce n’est pas facile, c’est un long parcours.

Dans quel contexte s’est créé la CCRCV ( Coalition Canadienne pour Réformer la Criminalisation du Vih) ?

C’était suite à une participation de plusieurs intervenants avocats, personnes vivant avec le VIH, dans une formation organisée aux Etats Unis qui s’appelle « HIV is not a crime » et donc plusieurs intervenants d’origine canadienne qui se sont retrouvés dans cette formation avec des intervenants des Etats Unis et qui ont eu l’idée suite à cette formation de se regrouper en coalition pour faire avancer un peu un changement d’approche au Canada en psychiatrie à la non divulgation des statuts sérologiques. On avait un problème criant, une augmentation des nombre de plaintes et nombre de condamnations, nombre de poursuites. Cet évènement a suscité un brainstorming chez plusieurs acteurs, il y a eu des rencontres puis la coalition est née.

L’augmentation de 11,6 % de nouveaux cas d’infections VIH au Canada en 2016 peut-il être en parti dû à cette criminalisation ? ou avez-vous pu identifier les causes de cette hausse ?

A notre avis la criminalisation peut être une source d’augmentation puisque la non connaissance de son statut peut être utilisé comme moyen de défense lors d’une poursuite en non divulgation. Cela peut réduire l’incitation au dépistage qui peut être fait et on sait que de nouvelles infections sont dues à des personnes aussi elles-mêmes récemment infectées ou qui ne connaissent pas leur séropositivité. On n’a pas de chiffres donc pas nécessairement  de preuves concrètes mais quand on parle avec des intervenants de la santé publique il y a un lien, une corrélation, qui peut être faite. La criminalisation et l’utilisation de non connaissance de son statut comme moyen de défense peut être un aspect à prendre en compte dans l’augmentation.

Quels sont les premiers impacts positifs des actions de la CCRCV et que reste-t-il encore à faire ?

Il reste beaucoup à faire ! Une première victoire : dès sa formation la coalition a œuvré en prenant en compte les volontés de chacun sur la réforme de l’approche canadienne en matière de criminalisation de la non divulgation. On a fait un grand recensement une grande consultation canadienne en prenant en compte les souhaits des intervenants, des personnes vivant avec le VIH  hospitalisées ou non, qui a mené à la publication d’une déclaration, d’un consensus dans lequel on exigeait plusieurs choses dans la réforme de l’approche en criminalisation.

Cette déclaration de consensus a été publiée officiellement fin novembre 2017 et après avoir bien auparavant dit qu’il y avait une volonté de revoir la criminalisation du VIH par le ministère de la justice fédérale, le 1er décembre 2017 il y a eu la sortie d’un rapport fédéral qui parle un peu de la nécessité de revoir l’approche canadienne sur la criminalisation du VIH et c’est un rapport important, majeur, qui dans sa rédaction a participé la coalition forte de son expertise, forte de sa crédibilité en impliquant les gens affectés qui ont très vite été consultés et donc sa participation a mené à l’aboutissement de ce rapport. Donc non seulement il y a eu la déclaration qui coïncidait avec l’issue du rapport mais il y a eu la participation de la coalition dans les étapes qui ont menés à la publication de ce rapport par le gouvernement fédéral canadien.

Donc il semble une volonté claire de l’agence de santé publique du canada et du ministère général de la justice qui confirme qu’il y a un problème et qu’il faut le changer donc c’est une victoire en soi. Cependant comment ça fonctionne au Canada c’est un peu plus complexe parce que c’est le fédéral qui gère le contenu du droit criminel mais c’est les provinces qui gère son application et sa portée. Le travail qui reste à faire c’est au niveau provincial pour s’assurer que la volonté du fédéral soit transcrite, soit traduite à travers des directives aux procureurs qui lorsqu’ils font face à une plainte en non divulgation sachent que la criminalisation ou déposer des accusations en agressions sexuelles graves n’est pas approprié.

Donc il reste beaucoup de travail à faire au niveau provincial, la majorité des provinces n’ont rien fait suite au dépôt du rapport fédéral qui lui travaille à l’écriture de directives semblerait-il au niveau des territoires parce que ce sont eux qui sont responsables de ces juridictions mais au niveau des provinces il reste du travail à faire. Et au niveau fédéral ce qu’il reste à faire c’est ce à quoi la coalition a participé, c’est réformer le code criminel, ou peut-être prévoir des dispositions spécifiques à la non divulgation, mais reste à voir la forme et l’étendu de ces recommandations.

 

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Interview Léa Pelletier-Marcotte 607.84 KB - 7 avril 2018

Interview Léa Pelletier-Marcotte - AFRAVIH 2018 ...

 

Interview Alia Amimi

 

ITPC-MENA est la branche de la Coalition internationale de Préparation aux Traitements (ITPC), un groupe d’activistes et d’organisations qui plaident pour l’accès au traitement du VIH dans la région Afrique du Nord et Moyen Orient.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Je m’appelle Alia AMIMI. Je suis chargée de plaidoyer à ITPC-MENA. C’est la coalition internationale pour la préparation aux traitements, ça fait à peine un an que j’ai rejoint l’équipe, J’ai eu un parcours assez court pour rester honnête, j’ai travaillé un peu à la banque africaine de développement et avant j’ai eu quelques expériences au PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) et j’ai fait un master en gouvernance et intelligence internationale à sciences po.

Est-ce que vous pouvez présenter ITPC MENA ?

C’est une ONG qui fait partie de la famille ITPC globale, il y’a plusieurs régions (Afrique du nord et Moyen-Orient ça va de la Mauritanie au Pakistan) et on travaille principalement sur les questions en rapport aux règles de propriété intellectuelle qui peuvent entraver l’accès aux traitements dans la région maintenant on héberge aussi la plateforme du front mondial pour la communication et la coordination. Nos missions englobent principalement les objectifs tels que l’accès universel aux traitements, l’accès aux ARV, l’amélioration des conditions de vie des personnes séropositives, la transparence dans les processus de financement.

Quelles sont pour vous les 3 dates clés de la lutte contre le Sida ?

L’année 1996 c’est l’arrivée des ARV pour traiter les personnes séropositives. 2003 le début du fond mondial au Maroc pour pouvoir financer des projets tels que ceux des associations de lutte contre le sida, création du CCM. 2015 c’est la création d’ITPC MENA pour favoriser l’accès aux traitements dans la région puisque c’est une des régions qui a moins accès aux traitements dans le monde entier, c’est une région où il le taux de prévalence et le moins élevé au monde mais qui connait le nombre de décès le plus élevé.

Pensez-vous qu’en Afrique du Nord il y a une plus grande place qui est donnée aux activistes pour la prise en charge des personnes vivant avec le VIH et est ce qu’il est bénéfique ?

Les activistes ont de plus en plus de place et un rôle incontournable dans la prise en charge des patients parce que c’est grâce à des ONG et à la société civile qu’on a pu mettre en avant les enjeux et les défis qui sont liés à l’accès aux médicaments. Avant certaines personnes n’avaient aucune information au sujet de leur statut, au sujet du traitement qu’il devait prendre et tout ce qui est en rapport avec le virus du sida.

Maintenant des associations prennent en charge les personnes pour le dépistage, la prévention, pour sensibiliser l’opinion public à ce sujet. Je pense qu’ils ont un rôle de plus en plus important et que peut-être ils devraient être intégrés dans les discussions institutionnelles pour donner leur avis, leur point de vue parce que c’est eux qui sont en contact direct avec les gens, mais là peut être qu’en raison de la stigmatisation, de la marginalisation et la perception du sida ils ont encore des difficultés à atteindre les objectifs qu’ils se fixent.

Depuis 2015 nous accueillons la plateforme régionale de coordination et de communication du fond mondial et nous avons été reconduits l’année passée jusqu’en 2020. Les objectifs de cette plateforme sont d’améliorer la connaissance et la participation des acteurs de la société civile et des groupes communautaires sur les processus liés aux subventions du fond mondial,  améliorer l’impact des programmes du fond mondial et de la riposte aux 3 pandémies grâce aussi à un engagement renforcé de la société civile et des groupes communautaires touchés par le VIH, la tuberculose, le paludisme, élargir l’accès à l’assistance technique à la société civile et des groupes communautaires grâce à une meilleure coordination entre ITPC MENA l’initiative stratégique CRG du Fonds mondial et les autres partenaires, résistance technique type Expertise France et autres, soutenir les initiatives stratégiques de renforcement des capacités au profit de la société civile et des communautés en favorisant l’espace d’engagement et de participation collective au processus décisionnel clé et en particulier en ce qui concerne la communauté, le droit et le genre.

Depuis 2015 on essaye de coordonner tout ce qui est avec la société civile pour renforcer leur participation genre au CCM (Country Coordination Mecanismed) où il y a des représentants des populations clés et des personnes vivant avec les 3 pandémies VIH tuberculose et malarias, des HSH, des travailleurs du sexe et des usagers de drogues injectables. Notre rôle, c’est de s’assurer ces personnes-là ont les capacités et un rôle effectif pour participer et engager dans toutes les discussions et dans toutes les décisions du fond mondial dans les différents pays où il y a ces subventions-là.

Pouvez-vous revenir sur votre action à Abidjan concernant le prix d’un médicament ARV dont le brevet a été cédé à l’ensemble de l’Afrique sauf pour l’Algérie ?

En marge de l’organisation de la 19ème conférence ICASA en décembre 2017 à Abidjan, ITPC-MENA a organisé une action de solidarité pour l’inclusion du Dolutégravir qui est un médicament destiné aux premières lignes et troisièmes lignes, c’est un antirétroviral de dernière génération il a moins d’effets secondaires, il est moins toxique, les gens ne vont pas forcément développer de résistances quand ils le prennent. Le laboratoire ViiVHealthcare qui a produit ce médicament a permis au continent africain d’y avoir accès, d’avoir accès au brevet qui coute beaucoup moins cher sauf pour l’Algérie. Ils estiment que l’Algérie est un pays en transition, ce n’est pas un pays à revenus faible ou intermédiaire.

Les pays africains auront le générique à 41 dollars environ à peu près par patient et par an sauf les pays d’Afrique du Nord du Maghreb qui eux ont bénéficié d’un accord entre la fondation de Child et Bill Gates pour avoir le générique à 75 dollars et l’Algérie par contre doit payer 14 000 dollars par patient et par an. On a donc décidé de mener cette action pour mettre en lumière cette problématique et d’alerter le gouvernement algérien, la société civile algérienne, de l’injustice envers ce pays.

Nous avons aussi rencontré les représentants du laboratoire ViiVHealthcare lors d’un espace d’échange et de dialogue entre les représentants de la société civile et ceux de l’industrie pharmaceutique, on le fait chaque année et on a abordé cette question. On a demandé pourquoi l’Algérie est le seul pays qui est exclu, ils ont indiqué que ce n’est pas un marché stratégique pour eux mais c’est une référence pour les autres pays comme la Russie l’Argentine qui pourraient eux aussi être intégrés dans la licence volontaire qui permet d’avoir accès aux génériques.

Donc on a mobilisé toutes les associations et les organisations qui étaient présentes à ICASA pour mener une action de solidarité et pour essayer de sensibiliser les personnes sur ce sujet. Les brevets abusifs sont une des problématiques sur lesquels on travaille incessamment et on souhaite l’accès universel aux médicaments, on est contre les brevets abusifs.

Enfin ma dernière question, comment s’est organisé la manifestation générale à Marrakech en décembre 2017 ? quels ont été les obstacles et quelles réussites ?

C’était à l’occasion de la journée internationale de lutte contre le sida le 1er décembre. Nous avons décidé de signer la déclaration de Paris et de mobiliser la mairie de Marrakech pour que la ville s’engage à éradiquer le sida d’ici 2030. C’était en partenariat avec l’ALCS (Association de Lutte Contre le Sida), la mairie de Paris, la mairie de Séville qui est une ville jumelée avec Marrakech et ITPC-MENA. Les représentants ont signé la déclaration et Marrakech s’est engagé à éradiquer le sida. On a eu des actions parallèles à cette déclaration, on a préparé des sets de table pour sensibiliser les gens au dépistage, à la prévention du sida et on les a distribués sur la place Jemaa el-Fna. Pendant la période du 1er au 14 décembre on a aussi mené des actions telles que l’illumination de l’hôtel de ville de Marrakech avec le symbole du ruban rouge du sida pendant plus de 3 jours.

Les obstacles on a pas eu réellement d’obstacles les représentants de la mairie étaient vraiment motivés à participer, à s’engager, à mobiliser tous les volontaires de l’ALCS de la section de Marrakech pour aller parler aux gens, pour les sensibiliser.

Ce qu’il faut peut-être retenir aussi que ITPC-MENA existe depuis 2015 et qu’on entretient d’excellentes relations entre la mairie de Marrakech et avec toutes les instances officielles décisionnelles de la région de Marrakech et aussi au pays, c’est pour cela que ce n’a pas été tellement difficile finalement que Marrakech se mobilise. C’était la deuxième ville qui a signé l’engagement d’éradiquer le sida d’ici 2030 après Casablanca.

Concernant la population de Marrakech il n’y a pas eu de réticences, on a discuté avec beaucoup de monde, ils étaient vraiment contents de voir des actions qui avaient lieu pour sensibiliser la population et plutôt les adolescents.

 

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Interview Alia Amimi 838.17 KB - 7 avril 2018

Interview Alia Amimi  - AFRAVIH 2018 ...

Portraits d’acteurs sur la conférence AFRAVIH 2018 vendredi 6 avril

Interview Pauline Penot 

Pour les lecteurs qui ne vous connaîtraient pas, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Pauline PENOT. Je suis médecin interniste de formation et je travaille dans le service de médecine interne de maladies infectieuses de l’hôpital André Grégoire, qui est à Montreuil en Seine-Saint-Denis où j’ai déployé un CeGIDD ; à savoir un centre de santé sexuelle, dans lequel, on a agrémenté l’activité de PrEP mise en place depuis deux ans dans l’hôpital.

Pour vous, quelles sont les trois dates clés de la lutte contre le sida ?

Je crois que, dans le contexte territorial dans lequel nous on vit à Saint Denis, le progrès sur la prévention de la PrEP bénéficie à une population très ciblée population HSH et on rentre dans un rapport un peu différentiel par rapport aux HSH parisiens avec lesquels j’avais travaillé auparavant. Sur notre territoire ce sont des HSH qui sont moins identitaires, qui ont plus souvent jamais eu recours à la sérologie VIH, qui fréquentent moins de lieux de convivialité gay, parce qu’en Seine-Saint-Denis n’y en a peu ou pas. Ils ont une connaissance un peu différée dans le temps des stratégies de prévention de la PrEP, une moins bonne connaissance de façon générale sur la santé sexuelle, les IST bactériennes. La deuxième population qu’on voit beaucoup, en suivi de VIH, sont les personnes originaires d’Afrique Subsaharienne qui constituent l’essentielle de notre file active. Ces populations bénéficient peu ou pas du tout de la PrEP. Alors on essaye de leur faire bénéficier de tout ce qui est possible comme stratégie de prévention. Je pense que, sur ces populations-là, le Test and Treat ; à savoir le dépistage, beaucoup plus systématique, à l’occasion d’évènements symbolique de la vie comme notamment le dépistage prénatal des hommes aura un impact beaucoup plus fort de lutte contre l’épidémie que la tentative de l’élargissement de la PrEP qui seront toujours un peu à la marge.

Concernant l’élargissement à la PrEP à d’autre public, quels moyens de communication, avez- vous mis en particulier en place ? Et avez-vous travaillé sur des outils de communication pour les autres publics ?

On travaille surtout avec des acteurs de terrain qui sont beaucoup plus près des populations que nous. Ce sont des acteurs associatifs et qui ont plus l’accès direct aux outils de communications que nous. On a un peu travaillé sur des journaux ou des radios communautaires sur lequel on peut diffuser de la connaissance mais surtout après quand les personnes connaissent les dispositifs d’accès à la santé sexuelle que sont les CeGIDD. C’est répondre à leur demande première, raison pour laquelle elles viennent pour par la suite pouvoir créer du lien et parler PrEP de façon plus individuelle plus ajusté à leur besoin. Parler PrEP ou parler de façon générale de prévention du VIH, pour que des personnes est cette information pour elle-même et puisse éventuellement diffuser la connaissance autour d’elles. Sachant que diffuser la connaissance, c’est quelque chose qui marche assez bien dans le milieu HSH. Il y a une réelle communauté autour de la sexualité, qui peut fonctionner dans des milieux, par exemple de prostituées, il y a une communauté autour de la pratique professionnelle qui est lié au sexe. Les autres communautés, par exemple la communauté malienne et ivoirienne, n’ont pas tellement l’occasion de parler de sexualité ensemble et du coup, je ne suis pas sûre que l’information se relaye aussi bien en ce qui concerne très spécifiquement la PrEP.

On s’aperçoit dans les consultations PrEP que le suivi des preppeurs sature les consultations d’initiation, que pensez-vous de la délégation de tâches et pensez-vous que cela peut être mis en place dans le cadre d’un protocole de coopération ?

Dans l’expérience de l’hôpital de Montreuil, on a mis en place un protocole de coopération qui est en cours de validation institutionnelle et qui ne porte pas spécifiquement sur la PrEP. Il porte sur la délégation des tâches de dépistage notamment dépistage hors les murs. C’est l’amont de la PrEP, qui constitue le recrutement des personnes les plus vulnérables pour les mettre dans un parcours de santé sexuelle. Ce protocole décrit la délégation de la vaccination, du traitement des IST simples avec des procédures qui sont relativement bien faites. Pour la PrEP, ça commence à se faire mais ça ne marche pas très bien dans les hôpitaux. Je pense à Saint Louis, apparemment il y a eu une très grande file active de PrEP. Cela fait longtemps qu’il y a cette espèce de rengaine de déléguer à des professionnels paramédicaux le suivi. Ce n’est pas si simple parce que je pense qu’il y a quand même besoin d’une expertise médicale pour gérer de la consultation dans laquelle on prescrit des prophylaxies médicamenteuses dont on manage les effets secondaires. Ces consultations sont aussi des consultations de santé globale ; au moins une santé sexuelle globale. On est plutôt dans un positionnement où on s’appuie sur l’infirmière pour faire de l’éducation thérapeutique, le suivi de perdus de vue, les entretiens avec les patients les plus vulnérables mais aussi pour coordonner leur prise en charge avec l’assistante sociale, avec les associations, avec la sage-femme, avec la traumatologue qui prend en charge les personnes victimes de violences plutôt que d’être dans la prescription médicamenteuse.

Avec les deux ans de pratique en consultations PrEP, les premiers retours, qui sont fait, sont un nombre important de perdus de vue, comment vous expliquez cela et qu’est-ce que vous mettez en place ?                          

Je ne sais pas très bien ce qu’est un perdu de vue en PrEP. Dans le VIH, c’est assez simple. Quelqu’un qui est perdu de vue soit quelqu’un qui se fait suivre ailleurs soit quelqu’un qui a interrompu son suivi antirétroviral donc son traitement antirétroviral. En PrEP, les besoins des gens évoluent dans le temps donc je ne sais pas très bien à quoi ça correspond. Est-ce que ça correspond à quelqu’un qui aurait besoin de PrEP et qui n’en prend plus, ou bien, est ce que ça correspond à quelqu’un qui prend de la PrEP ailleurs, ou encore, est-ce que ça correspond à quelqu’un qui ne perçoit plus un risque d’exposition au VIH ou elle qui justifie de venir en consultation de faire des bilans de reprendre rendez-vous de s’engager dans ce processus au détriment d’autres impératifs de la vie quotidienne.

Cela peut correspondre à des réalités très différentes. Cela peut correspondre à quelqu’un qui est dans des impératifs de survie qui prennent totalement le dessus par rapport aux contraintes biomédicales. Cela peut être une femme en situation irrégulière, vulnérable, victime de violence qui n’a pas de titre de transport, qui a peur de se faire contrôler quand elle prend les transports transiliens, etc …. Cela peut correspondre à quelqu’un qui est venu une fois et puis finalement a une situation personnelle qui a évoluée et qui s’est mis en couple ou qui s’est séparé de la personne avec qui elle avait une relation avec laquelle elle n’arrivait pas à imposer le port du préservatif ou qui n’était pas dans une confiance suffisante pour se sentir affranchi du risque du VIH et qui du coup vient pas au rendez-vous suivant. Il y a des situations qui sont très différents. Il y a beaucoup plus de perdus de vue et il y a beaucoup de consultations non honorées parmi les personnes qui sont pas les publics HSH tout simplement parce que ce sont des publics qui ne sont pas demandeurs de PrEP. C’est une offre que nous apportons et qui ne correspond pas aux besoins ressentis par la personne et du coup c’est difficile encore une fois d’autres paramètres qui sont mis sur le haut du panier font passer la prévention complétement en deuxième plan. De toute façon, tant qu’on est pas une stabilisé résidentielle, stabilité administrative, d’un revenu minimal de subsistance, c’est très difficile de s’investir dans de la prévention.

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Interview Pauline Penot 81.15 KB - 11 avril 2018

Interview Pauline Penot - AFRAVIH 2018 ...

 

Interview Christine Kafando

Christine Kafando Présidente d’Espoir pour demain, celle qui coordonne aussi la Maison des associations est la première femme burkinabé à avoir témoigné de sa séropositivité à visage découvert.

Pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas, pouvez-vous présenter en quelques mots ?

Je suis Christine KAFANDO. Je suis venue du Burkina Faso et je suis la présidente d’une association de lutte contre le VIH sida qui regroupe plus de 90 % de femmes autour de 1250 personnes au sein de l’association et aussi les enfants vivant avec le VIH.

Pourquoi avez-vous décidé d’appeler votre association « Espoir pour demain » ?

 « Espoir pour demain » s’est créé parce qu’on  on avait pour objectif d’accompagner les enfants infectés. En effet, en son temps, il n’y avait pas de programme de lutte contre le VIH sida pour les enfants. Tout était pour les adultes, rien pour les enfants, alors que pour nous, les enfants c’est l’espoir. On s’est dit : « demain, ce sont les enfants qui vont nous remplacer et comme l’espoir est permis donc « Espoir pour demain ».

Quelles sont vos deux ou trois dates clés dans la lutte contre le sida ?

Les grandes avancées en 2002, lorsque dans mon pays le président de la république a annoncé la gratuité des antirétroviraux. Là ça m’a beaucoup aidé et  je me suis sentie bien parce que je me suis dit qu’on est proche de la victoire. C’était un grand jour,  pour nous qui avons connu les années sombres ;  c’est à dire les années où on nous dépistait et qu’il n’y avait pas de traitement. On prenait notre mal en patience et le jour où ils ont déclarés la gratuité des ARV et bien on a fait carrément une fête à l’association. L’autre date, c’est quand on m’a décoré la légion d’honneur française pour le travail que j’ai fait en 2014. J’ai compris que les gens me suivaient de prêt parce que je ne savais pas que l’on remarquait un peu ce que je faisais ; c’est là que j’ai compris que les actions que je mène sont suivies. En fait, je menais mon travail et je m’en fous de la politique. Je fais mon plaidoyer et j’avance avec les gens derrière suivaient mes pas et voyaient où je voulais en venir, donc  c’est une reconnaissance du travail mené. Puis le Burkina a reconnu aussi le travail et m’a donné l’ordre du mérite. Ce sont des dates qui m’ont marqué positivement. Il y a des dates qui m’ont marqué négativement aussi, quand on a perdu des grands amis du VIH,  des combattants de chemin,  des acteurs de la lutte qui sont tombés sur le poids du sida et là ce sont des périodes où c’était dur. Aujourd’hui,  nous,  on vit. On n’est pas plus intelligent, on n’est pas plus joli,  on n’est pas plus beau,  on n’est pas plus fort c’est nous qui vivons … c’est une injustice. C’est pour eux qu’on est toujours engagé parce que si on baisse les bras,  c’est comme si on les abandonnait.

Vous étiez une des premières femmes sinon la première à avoir déclaré sa séropositivité publiquement. Comment avez-vous affronté cette déclaration et est-ce que vous avez pu obtenir du soutien suite à cette annonce ?

En fait, c’est vrai que pour se déclarer positive en son temps,  dans les années 97-98, s’était pas du tout évident. J’étais surprise d’apprendre ma sérologie positive. Je me suis rendue compte que, dans mon entourage, il y a beaucoup de personne qui mourraient du VIH sida, particulièrement les femmes. Je suis allé voir le médecin infectiologue qui m’a proposé ce test. Je lui ai dit  que tôt ou tard je passerais par là et j’ai envie de passer ma vie à faire de l’aide, enfin aider les  gens pour qu’ils meurent dignement. En effet, les personnes infectées en phase terminale étaient stigmatisées, rejetées aussi bien par le personnel de santé d’abord que part la famille et abandonnées à l’hôpital. Il fallait quelqu’un qui accompagne ces malades parce que je me disais que tôt ou tard je passerais par ce même lit là aussi ; car il n’y avait pas de traitements. Je prenais mon mal en patience, en me disant que  ça peut être demain. Cela peut être n’importe quand donc il va falloir faire quelque chose pour ces gens-là et sensibiliser surtout les médecins pour qu’ils s’en occupent et que nous acteurs communautaires aussi. On peut faire quelque chose. En fait, j’étais la seule dans ce service-là à faire ça. On parle de la folie,  de la dépression. Les gens m’ont traité de folle. Même les médecins m’ont dit : «  tu vas vite mourir parce que tu vas chopper des infections ». Je m’en foutais parce que oui, pour moi c’était fini. Quand on meurt, on n’a plus mal donc du coup, c’est comme si j’avais envie d’attraper quelque chose dans ce service et puis en finir avec ça. Je voulais transformer ça en aidant et pouvoir partir aussi dignement. C’est ce qui m’a poussé à faire ça et puis à témoigner surtout à amener les  femmes à se faire dépister même s’il n’y a pas de traitement au moins de savoir de quoi on va mourir bientôt. C’est comme ça qu’un matin, je me suis levée et j’ai dit il faut que je parle de ce mot je suis allée parler de ce mot.

Qu’est-ce qui vous a particulièrement marqué dans votre parcours, vous parlez beaucoup des femmes et du parcours des femmes ? Est ce qu’il y a des hommes qui prennent conscience et s’engagent à vos côtés ?

C’est vraiment dommage parce que les hommes ne s’intéressent pas beaucoup aux associations. Les femmes vivant avec le VIH sont doublement discriminées. D’être femme d’abord elles sont marginalisées et pas assez considérées par notre communauté. C’est culturel et le fait d’avoir le VIH sida qui est une maladie stigmatisante. Elles sont accusées à tort et à travers d’avoir envoyé le virus dans le couple, dans la famille,  et le plus souvent,  elles vivent leur souffrance toutes seules. Quand  on approche les hommes pour essayer de les sensibiliser c’est lettre morte parce qu’ils ne vont pas poser d’actions. Ils ne vont pas changer leur comportement.  Ces  femmes n’ont pas d’autres solutions. Elles ne sont ni économiquement, ni socialement stables. Elles n’ont rien sur quoi s’appuyer pour dire que  même sans l’homme elles peuvent vivre donc elles sont obligées de subir,  d’accepter la souffrance que les hommes leurs font subir pour pouvoir rester dans leur foyer. En effet, chez nous,  une femme qui n’est pas mariée est mal vue ; elle n’est pas considérée donc elles sont là dans le foyer juste pour dire que je suis Madame tel. En fait,  il y a une forme d’hypocrisie dans tout ça mais bon c’est notre culture qui est comme ça et donc la souffrance des femmes quand on prend, par exemple la prévention transmission mère –enfant, on n’arrive pas à avancer car les hommes ne veulent pas venir dans les formations sanitaires pour se faire dépister et accompagner leur épouse. C’est la femme toute seule qui va venir se faire dépister. Si elle est positive, on va mettre en place un programme de prévention transmission mère-enfant. On cherche à joindre l’homme. Il ne vient pas. Lorsque la femme est enceinte,  il arrive juste que le monsieur donne son nom et sa profession  qu’on insère dans le cahier de naissance de suivi pré postnatal. Après ça,  c’est fini on peut plus mettre la main sur lui. Ceci montre que  les hommes ne sont pas assez impliqués. Ils n’accompagnent pas les femmes. Il faut dire que même s’ils sont infectés, ils font comme s’ils ne sont pas infectés et se cachent. Moi,  je me dis que les femmes sont toujours plus fortes que les hommes.

Votre présentation était sur vraiment la santé mentale et la dépression chez les femmes, avez-vous des professionnels pour vous accompagner, sont –ils présents ou est-ce que y a besoin d’aller les chercher, ou encore de lancer un appel pour justement cet aspect-là de la maladie soit aussi pris en compte ?

Les professionnels de santé, de toute façon, ne sont pas assez. Comme quelqu’un vous l’a dit,  on a un médecin pour environ 5 à 10 000 patients donc ce n’est pas possible,  c’est lourd donc on a besoin de personnels. On a besoin de faire le plaidoyer pour qu’il y en ait  plus de personnels compétents qualifiés. Je dirais qu’il faut renforcer la prise en charge de la santé mentale. C’est une épidémie oubliée, comme je l’ai dit tout à l’heure. Personne ne s’en est préoccupé même la communauté internationale, alors que c’est le début de la prise en charge. Dès qu’on te dépiste, déjà tu es sûr, tu es dans un état de choc parce que quand tu attends un résultat sans savoir à quel moment il sera rendu sans savoir quel résultat tu attends, que le résultat VIH arrive positif tu te dis : « ohlala ». Avant même de passer à la prise en charge, il faut un accompagnement psychologique. Dans nos pays, ce n’est pas le cas. On te dépiste, tu vas au traitement et puis voilà si tu arrives à monter un peu tes CD4, on voit si tu as besoin d’un psychologue ou pas mais c’est perçu comme un problème de folie donc même si tu as le souci, tu ne poses pas de problème. En fait, on va te stigmatiser et on va dire que tu es fou. Il y a beaucoup de chose à faire pour faire évoluer  la mentalité africaine tant au niveau des droits de la femme que de la reconnaissance des faiblesses. C’est un continent qui veut être fort,  un continent qui veut montrer la force et du coup ne veut pas accepter la faiblesse.

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Interview Christine Kafando 110.38 KB - 11 avril 2018

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