Ma tribune, la santé mentale dans l’ombre de la santé somatique ” Ce soir, j’ai besoin de me livrer. J’ai troqué ma casquette de formatrice pour remettre celle d’infirmière en ces temps de mobilisation nationale.

C’est après une longue hésitation, une balance décisionnelle et un conseil familial que j’ai décidé de rejoindre les renforts Covid dans un établissement de santé mentale. ET OUI, pas de caméra devant l’hôpital, pas de petites douceurs pour réconforter les soignants et les patients, pas de matériel pour travailler sereinement. Pourtant les équipes doivent tous les jours prendre soin de la santé mentale de nos concitoyens.

Pas de visite de famille, plus de permissions, pas de possibilités d’achats de petits plus, pas de travail protégé, pas d’ateliers éducatifs, pas de médiation artistique, pas de contact extérieur en dehors du téléphone. La plupart des droits individuels sont remis en question.

Imaginez comment il est difficile d’éduquer des personnes persécutés, délirantes, avec des troubles psychiques au respect du confinement et de la distance sociale. Bravo à tous ces soignants qui m’apprennent tellement depuis 2 jours, qui font les 3/8 pour maintenir une continuité des soins.

 

 

Emmanuelle BORDES
Infirmière, formatrice à Alliance Educative
Ancienne coordinatrice en Education Thérapeutique du Patient au COREVIH IDF Sud